Le projet de recherche T-MARS est présenté parmi les 10 faits saillant scientifiques du dernier rapport du « Programme du plateau continental polaire », qui soutien la recherche innovatrice dans le Nord canadien depuis 1958, pour ses travaux de terrain : L’ÉTUDE DES CHAPEAUX DE FER DANS LA RÉGION DU FJORD EXPÉDITION EN TANT QU’ANALOGUE DES FORMATIONS GÉOLOGIQUES SUR LA PLANÈTE MARS
Extrait du rapport, traduit de l’anglais (Polar continental Shel Program Science Report 2020, 2021 and 2022 Logistical support for leading-edge research in Canada and its arctic, 2024).
Le climat de la planète Mars ressemblait autrefois à celui de la Terre. Mars est une planète dynamique, révélant des saisons, des calottes polaires, des canyons et des volcans éteints qui témoignent d’un passé actif ayant produit des systèmes naturels pouvant soutenir la vie.

Le projet d’analyse minérale terrestre par télédétection (T-MARS) a été développé pour documenter le passé géologique et les processus qui ont façonné les surfaces des planètes de notre système solaire. Le projet T-MARS fait partie des priorités scientifiques pour l’exploration spatiale établies par la communauté scientifique canadienne et se concentre particulièrement sur l’astrobiologie et la géologie. Les informations recueillies alimenteront des recherches innovantes dans les technologies spatiales, l’exploration planétaire et les sciences des systèmes terrestres.
L’objectif principal était d’étudier les chapeaux de fer dans l’Arctique canadien, qui sont des formations géologiques causées par l’interaction de l’eau, de l’énergie et de systèmes rocheux riches en métaux. Les chapeaux de fer sont des analogues idéaux des formations géologiques sur Mars, susceptibles de préserver des traces de vie ancienne. Le projet a été conçu pour mettre en pratique une méthodologie similaire à celles utilisées lors des missions martiennes.
Myriam Lemelin est professeure à l’Université de Sherbrooke et, pour ce projet, elle a travaillé avec des partenaires de recherche, Marie-Claude Williamson (Commission géologique du Canada) et Richard Léveillé (Université McGill). L’équipe comprenait également des collaborateurs, la Dre Cassandra Marion (Musée de l’aviation et de l’espace du Canada) et Sean Clark (un élève de l’école secondaire Sacred Heart à Stittsville, en Ontario), ainsi que des étudiant.e.s de l’Université de Sherbrooke et de l’Université McGill.
Myriam et l’équipe ont :
- cartographié des zones de chapeaux de fer sur l’île Axel Heiberg dans le fjord Expedition
- effectué des mesures sur le terrain et prélevé des échantillons
- mené des études en laboratoire pour examiner les processus qui les ont formés
- analysé la composition ainsi que les caractéristiques chimiques et biologiques des échantillons
Les chapeaux de fer contiennent une abondance de minéraux qui nécessitent la présence d’eau pour se former. Comme des minéraux similaires ont été identifiés sur Mars, cette étude a évalué le potentiel de ces formations géologiques à préserver des traces de vie. L’équipe sur le terrain du projet T-MARS a utilisé la même méthodologie pour étudier des échantillons de l’Extrême-Arctique et de Mars. L’équipe a utilisé des instruments portables pour observer les échantillons sur le terrain, et a réalisé des analyses plus sophistiquées en laboratoire.

fer pour améliorer les données de référence pour la
classification de la géologie de la région.
Pour affiner leur méthodologie de recherche interplanétaire, l’équipe a collecté des données dans la toundra arctique, notamment sur des roches couvertes de lichens, afin de vérifier l’effet de la végétation sur les images satellites. Les étudiant.e.s universitaires ont examiné les données pour fournir des conseils sur les étapes d’exploration nécessaires sur le terrain. Ils ont également acquis de l’expérience dans la collecte, la préservation et l’interprétation des données.
Les données collectées en 2022 seront utilisées pour valider une méthode de cartographie prédictive afin d’identifier les chapeaux de fer à l’aide de données satellitaires. De plus, l’analyse mesurera la teneur en carbone organique et identifiera les chaînes lipidiques attribuables à la présence de microbes dans les chapeaux de fer. Ces informations serviront à confirmer le potentiel astrobiologique.
Le PCSP (Programme canadien de soutien à la recherche polaire) a fourni des transports aériens, l’expédition de matériel et un soutien logistique pour la saison 2022 du projet. En conséquence, l’équipe de T-MARS a pu distribuer des modules éducatifs sur les sciences planétaires aux communautés locales du Nord et développer un site web accessible au public. Les modules éducatifs aideront les jeunes à réaliser des simulations d’exploration spatiale.
« Le soutien logistique et le financement reçus du PCSP ont été cruciaux pour la réalisation de notre campagne sur le terrain dans l’Extrême-Arctique. Cela aurait autrement été impossible en raison des coûts élevés liés aux déplacements à de telles latitudes. Ce soutien et ce financement ont permis de former un nombre important d’étudiants dans le contexte arctique et de maximiser les retombées scientifiques de notre projet. Les échantillons collectés aideront à former la prochaine génération et à poursuivre les découvertes scientifiques pendant de nombreuses années.
— Myriam Lemelin, Université de Sherbrooke »
Pour un accès à l’intégralité du rapport, cliquez ici : https://natural-resources.canada.ca/sites/nrcan/files/pdf/polar_continental/23-06072-PCSP%20Report%202020-21-22_inside_EN_July8-2024.pdf